Quel est l’impact environnemental du gazon synthétique ?
Lorsqu’il s’agit de comparer les avantages et les inconvénients du gazon synthétique par rapport au gazon naturel, les avis sont parfois divisés. Plébiscitées pour leur facilité d’entretien et leurs économies d’eau drastiques, les pelouses synthétiques sont également critiquées pour leur dépendance aux énergies fossiles et leurs conséquences sur la biodiversité ainsi que sur la santé.
Face à ces avis divergents, comment s’y retrouver ? Quel est l’impact environnemental réel du gazon synthétique, et quelles solutions existent pour le réduire ? À la lumière d’études scientifiques et de blogs spécialisés, cet article vous éclaire sur ces questionnements essentiels. Le cycle de vie du gazon artificiel et son influence sur l’environnement n’auront plus de secret pour vous !
Quel est l’empreinte carbone du gazon synthétique ?
En quoi consiste l’empreinte carbone d’un produit ?
Le calcul de l’empreinte carbone d’un rouleau de gazon synthétique ne se limite pas à son utilisation : l’intégralité de son cycle de vie doit être prise en compte, de l’extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu’à sa fin de vie et son potentiel recyclage. L’empreinte carbone est donc un mode de calcul plus large que le bilan carbone, qui ne concerne quant à lui que les émissions directes du produit, sans comptabiliser celles provenant du processus de fabrication.
La norme ISO 14067:2018 donne une définition claire de l’empreinte carbone d’un produit : il s’agit d’une quantification des gaz à effet de serre produits au cours de la durée de vie d’un produit. Les plus connus sont sûrement le dioxyde de carbone et le méthane, responsables entre autres du réchauffement de la planète. En additionnant la quantité de gaz à effet de serre émis par chaque étape de la vie d’un rouleau de gazon synthétique, on obtient ainsi une estimation de son empreinte carbone, exprimée en tonne d’équivalent CO2.
Gazon synthétique et gazon naturel : quel impact environnemental ?
Que votre pelouse soit naturelle ou artificielle, elle produit nécessairement des gaz à effet de serre.
Pour le gazon naturel, la source d’émissions principale réside dans son entretien : tonte, arrosage et fertilisants. On estime qu’en 10 ans, une pelouse naturelle consomme entre 5 000 et 8 000 litres d’eau par mètre carré en climat tempéré, et jusqu’au double en climat sec, soit 16 000 litres d’eau. Cela correspond à un bilan carbone de 200 à 400 kg éq. CO2 pour une surface de 100 mètres carrés. La consommation d’eau du gazon synthétique est quant à elle jusqu’à 100 fois plus faible, avec environ 150 litres d’eau par mètre carré sur 10 ans.
Le gazon synthétique ne possède cependant pas la capacité de l’herbe à absorber naturellement du CO2. Son empreinte carbone augmente alors, sans possibilité de la compenser par la photosynthèse. Il peut aussi créer ce qu’on appelle un îlot de chaleur : le gazon artificiel absorbe les rayons du soleil et emmagasine la chaleur, tout en limitant l’évapotranspiration du sol.
La majorité des émissions produites par le gazon synthétique proviennent toutefois de sa fabrication à partir de matériaux plastiques (polyéthylène, polypropylène, nylon). Le procédé d’extrusion des fibres par la chaleur est énergivore, avant même le transport et l’installation qui, eux aussi, pèsent dans la balance.
On estime finalement que l’empreinte carbone du gazon synthétique est légèrement supérieure à celle du gazon naturel : entre 1,2 et 1,5 tonne éq. CO2, contre 0,8 à 1 tonne éq. CO2 pour une pelouse naturelle. Alors, comment limiter cet impact sur l’environnement et progresser vers des terrains en pelouses synthétiques plus durables ?

Comment se déroule le recyclage du gazon synthétique ?
Bien qu’il apparaisse comme la solution miracle, le recyclage du gazon synthétique n’est pas tout vert. Ce processus complexe et coûteux ne concerne que 15 à 20 % des rouleaux synthétiques, et génère à lui seul environ 2 kg d’équivalent CO2 par mètre carré recyclé.
En effet, le gazon synthétique n’est pas un bloc unique, mais un assemblage de matériaux différents qu’il est nécessaire de dissocier pour pouvoir traiter. Il s’agit de l’étape de triage : le tapis, les fibres et le matériau de remplissage doivent être séparés en les faisant fondre à plusieurs températures différentes.
Vient ensuite le broyage : les matériaux chimiques sont transformés en granulés ou en poudre. C’est seulement sous cette forme que le plastique peut être revalorisé, généralement vers des usages industriels secondaires :
- Sous-couches de moquette ;
- Matériaux isolants ;
- Infrastructures routières ou ferroviaires ;
- Terrains de sport ;
- Combustibles dans les cimenteries.
De nouveaux gazons synthétiques recyclables voient aujourd’hui le jour afin de faciliter cette revalorisation. En utilisant des types de fibres plastiques compatibles, chaque gazon recyclable peut être fondu en un bloc, sans besoin de séparation chimique complexe. Certains fabricants proposent également des gazons bio-sourcés fabriqués à partir de polyéthylène issu de la canne à sucre. Cette technologie permet aux gazons synthétiques de diminuer leur dépendance aux énergies fossiles, réduisant ainsi drastiquement leur empreinte écologique.

Quelles sont les alternatives au gazon synthétique ?
Vous souhaitez aménager votre coin de verdure au naturel sans recourir au gazon synthétique ? De nombreuses solutions naturelles s’offrent à vous pour une pelouse verdoyante, écologique et moins gourmande en eau.
Faire le choix d’une pelouse écologique à faible entretien est probablement la meilleure solution pour aller vers une réduction de l’empreinte carbone de vos espaces verts. Par exemple, le trèfle est une excellente alternative naturelle : il est esthétique, ne nécessite pas de tonte, et capte l’azote de l’air pour nourrir le sol tout en l’aérant, sans engrais nécessaire.
Les plantes rampantes offrent également un tapis de verdure permanent pour les espaces où le piétinement est modéré : le thym (rampant ou serpolet), la mousse, la menthe corse, ou encore certaines plantes succulentes comme le sédum (orpin), idéal pour les climats secs.
Vous souhaitez éliminer totalement l’arrosage et l’entretien végétal, le tout sans utiliser de plastique ? Dirigez-vous vers le paillage (copeaux de bois) ou l’aménagement d’un jardin sec (gravier, dalles perméables) : votre sol reste drainant sans mauvaises herbes, sans tonte et sans arrosage.
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